la table était en buis
la main était de chair
le miroir dépoli
l'alliance était d'or blanc
la chemise de nuit
les disques de coton
et mes genoux aussi
les tapis d'Orient
et moi j'étais tapi.
Le geste était d'experte
le fard était parti
la peau semblait d'ivoire
les yeux étaient rougis
les épaules étaient lasses
la caresse alanguie
se copiait dans la glace
en un triste selfie
Mes yeux étaient de trop
derrière la tapisserie
L'heure était de se coucher
le désir endormi
la pensée était morne
et le soupir terni
le tableau était terne
Moi j'étais verni.
Puis son corps s'est levé
et puis ce fut fini
Mes yeux étaient sur elle
quand elle se mit au lit
La lueur était pâle
la lune était remplie
la fenêtre entrouverte
tous les chats étaient gris
Debout, caché dans l'ombre
de son boudoir petit
je rêvais de voyages
dans son rêve infini
J'étais partant, grisé,
marbré, cloué, saisi.
Je ne suis pas parti.
Le matin était clair
avant ce mercredi
Au lever de ses yeux
elle m'a vu assis
sur la chaise de bois
où son châle était mis.
Pas un mot, pas un bruit.
Tout disait : oui. Tout.
Tout était oui, merci.
Fausto Olivares
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