Psyché

Je ne te connais pas.
Je vais, je viens, je vis,
Puis un jour je te vois:
et là mon corps vieilli
sourit tendre et béat.
Je n'ai plus qu'une envie:
te revoir devant moi.

Je ne te connais pas,
mais déjà je te sais:
et je sais qu'avec toi
le sourire espéré
chatouillant mon émoi
me fera frissonner:
je cours donc après ça?

Le plaisir de te voir
se transforme en besoin,
change attente en espoir
et possible en certain...
change en soif le non-boire
en loin le lendemain
en océan le soir

J'ignore qui tu es
tu me parles si peu
je me livre discret
dans l'espoir que tes yeux
devinent le secret
que je tais audacieux
que je leur crie muet.

Je sais ce que tu m'es:
un décapsuleur bleu
qui me permet d'être ivre...
un pont d'algues et vents
entre la vie et vivre...
un livre au mille sens
où plonger dans l'Histoire...
un écran de ciné
où mes jours s'améliorent...
un phare au bout du monde
qui m'assure à la barre..,
la fleur aux cent parfums
que j'oubliais connaître...
le corps qui me rappelle
que mon corps est vivant.
Elixir de printemps
Le bain révélateur
d'une photo sépia
qui reprend des couleurs.


Fausto Olivares






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