Spectre

L'homme était sec,
ahanait en frappant
la terre aride de ses
doubles mains, que la bèche
allongeait jusqu'au sol
pierreux de ce champ
arrosé de soleil
et d'histoire tragique.

L'homme était dur
et crachait dans ses paumes
pour convaincre le bois
poli, manche de l'outil,
de ne pas arracher
la peau durcie pourtant
à chaque coup lâché
avec un cri du corps

L'homme était seul
avait perdu dans l'âge
ses compagnons de guerres
ses amours, ses prières,
ses dieux vendus aux riches
ses enfants trop civils
le mentir de la ville
le refuge de l'alcool

L'homme était homme
A chaque coup de pioche
a chaque souffle rauque
juron, escapade, dédain,
croissait dans mon enfance
l'admirante assurance
d'être fait de son bois
millénaire et tant soi.

Soi. Sans peur. Tant pis
si la bataille est perdue.
Maudis les vaiqueurs
en courbant l'échine.
Écarte de toi leur route.
Soi. Sois toi. Qu'ils aillent se f f
Quand ai-je cessé de croire
en lui? Cherche, mémoire.

Jamais.

Fausto Olivares


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