ce n'est pas ma faute de t'avoir aimée :
ce n'est pas la sienne s'il y a tant d'années
elle fut première à me faire trembler.
Ce n'est pas ta faute quand tu me regardes
si tes yeux d'amandes me font oublier
ton odeur, ton nom, ton présent, ton âge :
c'est dans ses paupières que j'ai su parler.
Ce n'est pas ta faute lorsque tu me parles
si sa voix de Pâques tinte à mon clocher :
tes chœurs si pleins d'anges avec leurs guimbardes,
elle fut première à les faire chanter.
Ce n'est pas ta faute lorsque tu m'embrasses
si tes mains de lierre me font frissonner :
mes doigts pleins de jours et de nuits qui passent
elle fut première à les effleurer.
Ce n'est pas ta faute, ce n'est pas la mienne,
ce n'est pas la sienne ni celle d'un démon,
si la case est prise et que tout me ramène
à la première peine, au premier frisson.
Fausto Olivares
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